Les sociétés à l’épreuve du changement climatique éduquer – agir – gouverner

Pour un dialogue innovant sur le changement climatique


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La Lettre n°1

Bienvenue à l’université européenne d’été 2015

IMG_8530Le climat est devenu en plusieurs décennies un objet complexe, qui met en relation la science, laquelle explore les origines et les causes de son changement, l’économie et la société. Face à ce processus inscrit dans la durée, nos concitoyens prennent de plus en plus la mesure de la discontinuité que nous vivons et allons vivre. Les mises à l’agenda des parties prenantes et des politiques se sont succédées depuis la conférence de juin 1992 à Rio. La COP 21 les rassemblera à nouveau dans un contexte évolutif marqué notamment par l’arrivée de nouveaux acteurs, comme les territoires et les entreprises, et par une mobilisation de la société. L’IHEST se propose de s’emparer de ce sujet pour revisiter les relations entre science et société, science et politique – objets de plusieurs universités antérieures – en se concentrant sur trois angles : représenter et éduquer, agir et réagir, gouverner et décider.
Il est classiquement admis qu’il existe deux entrées principales pour penser le rapport de la science à la politique : la rationalisation du processus de décision – l’expertise – et la mise à l’agenda de questions scientifiques – le débat public. Au cœur des échanges intervient un troisième acteur, médiateur entre science et politique : l’expert. Une des particularités du changement climatique est que l’expertise s’y développe à l’échelle mondiale. Pour certains, les attentes à l’égard de l’expert ne sont pas identiques d’un pays à l’autre. Pour d’autres, les questions mondialisées appellent une mondialisation de l’expertise.
Quant au débat public, c’est un moment particulier où les agendas politiques et scientifiques convergent. Qui est responsable de la mise à l’agenda de questions mêlant science et politique ? Quels doivent être les espaces de débat, de négociation, de décision ? Quelles articulations existe-t-il entre les différentes échelles de décision ? Quelles interactions observe-t-on entre entreprises, ONG, institutions de recherche, élus et législateurs ?
En entrant en politique, le climat est devenu l’objet de débats où se confrontent et s’affrontent différentes normativités, représentations, idéologies et valeurs, qui plus est dans un contexte de mondialisation. Cela pose fondamentalement la question des représentations culturelles et de l’éducation, des actions et des réactions, des acteurs et des institutions, toutes dimensions qui seront examinées durant l’université. Il faut alors, comme l’explique le philosophe Heinz Wismann, bien comprendre où résident les intérêts respectifs de la science et du politique, distinguer les temporalités des acteurs, et mettre les impératifs de court terme en regard  des objectifs de long terme.
Marie-Françoise CHEVALLIER-LE GUYADER
directrice de l’IHEST

lettre N°1

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1er et 2 juillet : Sommet mondial Climat et Territoires

smctLes 1er et 2 juillet se tiendra à Lyon le Sommet Mondial Climat et Territoires. Etape clé dans le calendrier climat 2015, ce sommet est le principal rendez-vous des collectivités territoriales et de l’ensemble des acteurs non-étatiques avant la conférence intergouvernementale Paris Climat 2015. Les territoires sont en première ligne de la lutte contre le changement climatique, par leurs capacités à réduire les émissions de gaz à effet de serre et par leurs actions d’adaptation face aux impacts des dérèglements climatiques. Leur contribution est cruciale pour la réussite de la COP21.
A six mois de la COP21, le Sommet mondial Climat & Territoires permettra à l’ensemble des acteurs non-étatiques (collectivités territoriales, ONG, acteurs économiques, partenaires sociaux, jeunes, femmes, scientifiques) de faire entendre leur voix, de souligner l’importance d’une approche territoriale des enjeux climatiques.
A Lyon, ils soumettront leurs engagements concrets et propositions spécifiques aux Etats négociateurs chargés de conclure un nouvel accord climat ambitieux et universel à Paris en décembre.
Organisé par les grands réseaux internationaux de collectivités territoriales et accueilli par la Région Rhône-Alpes les 1er et 2 juillet à Lyon, le sommet est placé sous le Haut Patronage du Président de la République française. C’est un événement labellisé COP21, organisé en collaboration avec la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Pour en savoir plus :
. Site du sommet


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Revue de presse – Semaine du 22 au 28 juin

Le climat et la justice

. Au Pays-Bas, le premier jalon historique d’une justice climatique
25 juin – Le Monde

. Les Pays-Bas condamnés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre
24 juin – Novethic

Le climat et le secteur des transports

. Le fret maritime, passager clandestin du climat
23 juin – Novethic

. Au salon du Bourget aussi, on a parlé de changement climatique
22 juin – Destimed

Les inquiétantes conséquences du changement climatique

. Le défi de l’eau face au réchauffement climatique
29 juin – Témoignages

Cinq raisons de décréter l’état d’urgence climatique
25 juin – Libération

. Climat / Météo : ce qui nous attend en France
25 juin – Science et avenir (numéro de juillet)

. Santé et changement climatique : un appel à l’action immédiate
23 juin – Le Monde

Climat et initiatives locales

. Rhône : ils mouillent la chemise pour réduire la pollution à Lyon
28 juin – Le Progrès

. Rennes – Un « village des initiatives » pour lutter contre le changement climatique
27 juin – Le Télégramme

. COP 21 : un livret pédagogique pour les collectivités
23 juin – Localtis
International

. Canada : l’Alberta va doubler sa taxe carbone
26 juin – Novethic

. Lutte contre le changement climatique : la contribution du Maroc classée 3ème
25 juin – Aujourd’hui le Maroc

. Le changement climatique au cœur du dialogue annuel sino-américain
24 juin – French.xinhuanet.com

. Changement climatique : les Etats-Unis appellent à une action urgente
23 juin – Atlas Info.fr


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Gouverner le climat ?

Depuis vingt ans, le problème climatique s’est hissé au sommet de l’agenda mondial, et un processus multilatéral s’est mis en place pour y répondre. Or, les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, responsables des dérèglements climatiques, ont atteint un niveau record en 2013.

Comment apprécier le bilan de ces négociations ? Dans Gouverner le climat ? 20 ans de négociations internationales, l’ouvrage qu’ils ont co-écrit, Stefan Aykut et Amy Dahan proposent une analyse de ces enjeux et d’une gouvernance qui suscite autant d’attentes qu’elle crée de désillusions. Est-il possible de changer de paradigme, alors que le monde connaît des accélérations majeures et se voit confronté à de multiples crises ? Dans quel cadre repenser le défi climatique pour y faire face et l’inscrire dans le champ des futurs ?

Véritable référence sur le changement climatique et les questions stratégiques qu’il pose, cet ouvrage paru en 2015 permet de revenir sur les rapports entre science, politique et rôle des experts, l’évolution de la géopolitique du climat, la transition énergétique en Europe, aux États-Unis et dans les grands pays émergents, les articulations entre problème climatique et globalisation, entre adaptation et développement.

Pour en savoir plus :
. Gouverner le climat ? 20 ans de négociations climatiques, par Stefan Aykut et Amy Dahan, Presse de SciencesPo, 2015
. L’impasse de la gouvernance climatique globale depuis vingt ans. Pour un autre ordre de gouvernementalité, Critique internationale 62, Janv-Mars 2014, p. 22-37

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CLIMATE 2020 – Facing the future / UNA-UK

Publication proposée par Jorge Luis Valdes, dans laquelle il est l’auteur principal de l’article « The Ocean is the Climate »

climate-2020

CONTRIBUTORS INCLUDE Helen Clark | Laurent Fabius | Kumi Naidoo Mary Robinson | Maria van der Hoeven Christiana Figueres | Margareta Wahlström Anote Tong | Achim Steiner | Myles Allen Miguel Arias Cañete | Amina J. Mohammed Phumzile Mlambo-Ngcuka | Renate Christ Facing the future


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Est-il possible de penser une « justice climatique » ?

Dans l’article intitulé Penser la justice climatique, Pierre-Yves Néron montre que la tentation de penser une justice climatique constitue un défi d’une ampleur considérable pour nos théories de la justice, que ces dernières soient libérales ou non.

A cela deux raisons principales :
– Les changements climatiques posent des problèmes de nature mondiale alors que nos théories de la justice sociale ne s’appliquent qu’aux questions de distribution qui surgissent entre les membres d’un même Etat.
– Les changements climatiques posent la question de la nature de nos responsabilités morales à l’égard des générations futures. Or dans le cadre de nos théories de la justice, il n’y a pas de sens à parler d’obligation à l’égard des générations futures puisqu’il n’y a pas, entre la génération actuelle et celles futures, d’authentique coopération marquée par la réciprocité.
« En raison de sa nature internationale et intergénérationnelle, la question de la lutte aux changements climatiques représente un défi pour l’ensemble de nos conceptions « classiques » de la justice distributive, qui de manière générale semblent échouer à nous proposer des outils pour saisir cette complexité. Et ce constat n’est que théorique puisque certains vont même jusqu’à présenter l’échec du protocole de Kyoto comme un exemple paradigmatique de ce qui cloche avec ces théories classiques notamment libérales ».

Pour en savoir plus :
. Penser la justice climatique, par Pierre-Yves Néron, Revue internationale d’éthique sociétale et gouvernementale, vol.14, N°1, 2012 (PDF)


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Non à la décarbonisation !

Les mots du débat

DSC_0080Nombre de scientifiques réputés soulignent l’impératif d’une « énergie décarbonisée ». Je souhaite attirer l’attention sur cette « carbonisation » dont ces auteurs appellent le contraire ou la privation de leurs vœux. Carboniser signifie « transformer de la matière organique en charbon », s’agirait-il de transformer le charbon en matière organique ? Une nouvelle pierre philosophale ? Non, l’idée ne recouvre aucune réaction chimique identifiée. Il s’agit simplement d’appeler à l’utilisation de sources d’énergie fondées sur autre chose que la transformation de matières comprenant du carbone afin de dissiper moins de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Or, depuis le XVIIIe siècle, selon le Centre national de ressources textuelles et lexicales (http://www.cnrtl.fr/portail/), « comprenant du carbone » se dit en français « carboné ». Les néologismes « décarboné » et « décarbonation » sont donc légitimes et pertinents dans la culture francophone, à côté de l’élégant « décarbonater » qui signifie « extraire l’anhydride carbonique d’un matériau », du tonitruant « décarburer » qui signifie « éliminer plus ou moins complètement le carbone contenu dans une fonte ou un acier » ou même du sophistiqué « décalaminer », la calamine étant, dans les moteurs à explosion, un dépôt charbonneux résultant de la combustion de l’huile et du carburant.

La langue anglaise ne s’est pas dotée d’un « carboned » équivalent du français « carboné ». Dès lors « carbonize » a été sa seule source de néologisation. « Décarbonisé » n’est donc qu’un méchant anglicisme et la langue française est (parfois) plus riche et précise.

« Décarboner » est majoritairement employé. Une recherche rapide sur internet rapporte 8 % de « décarboniser/é » pour 92 % de « décarboner/é ». Néanmoins, il est préoccupant de voir des auteurs de réputation de rigueur scientifique trouver des justifications à ce néologisme, sauf à se laisser abuser par les sirènes de l’uniformisation linguistique.

« Il ne faut pas croire qu’on puisse unifier les langues naturelles, idée qui pourrait être une tentation. D’aucuns appelleraient de leurs vœux une langue dans laquelle la totalité du réel, comme les rapports que nous entretenons avec lui, seront reflétés. Depuis Babel, on sait qu’on ne peut avoir un rapport différencié à la réalité que si l’on dispose des ressources des langues naturelles, qui sont différentes les unes des autres. Ce qui se dit dans l’une ne se dit pas aussi bien dans l’autre. Là encore, on est dans un univers de traduction, la richesse culturelle étant entièrement dans la traduction.

« Pas de retour, donc, à la langue qui nommait de façon univoque le réel. Car elle serait totalement inadaptée à dire la vérité de la science, qui elle, ne prétend pas du tout détenir de façon univoque, dans son discours scientifique, la clé du réel. Tout cela ne peut se résumer dans une seule langue, une langue dénotative, qui désignerait le réel de façon péremptoire et définitive, ce qui serait totalement contradictoire au doute méthodique qui habite les sciences. »

Heinz Wismann, Partager la science, l’illettrisme scientifique en question, IHEST/Actes sud, 2013

 Voir aussi l’entretien avec Heinz WISMANN : Culture scientifique – culture générale, quels rapports ? sur le site internet de l’IHEST