Les sociétés à l’épreuve du changement climatique éduquer – agir – gouverner

Pour un dialogue innovant sur le changement climatique

La lettre n°2 – Changement climatique: quel concept?

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lettre N°2-2Synthèse de la première journée

Si la notion « d’épreuve » peut en première approche apparaître connotée négativement, elle traduit aussi l’idée d’une possibilité offerte aux sociétés de se renouveler. L’épreuve du changement climatique peut en effet être à la fois annonciatrice de catastrophes et génératrice d’innovations.
Cette épreuve se traduit aujourd’hui dans les discours par la mise en exergue d’une « urgence climatique » : ne pas dépasser les 2°C d’augmentation de température à l’horizon 2100. C’est ainsi un objectif lointain qui est appelé à déterminer notre action d’aujourd’hui. Dans ce contexte de perméabilité entre le présent et l’avenir, les questions  de temporalités à l’œuvre et de pas de temps apparaissent centrales dans le débat autour du changement climatique. Un objectif à l’horizon 2100 peut-il être opérationnel à court et moyen terme ? N’est-on pas en train de déplacer l’horizon de l’action politique ? Ces questions sont d’autant plus prégnantes que, dans le cadre des négociations en cours, c’est sur les 20 prochaines années que les décisions engageront les Etats.
Se tourner vers l’avenir c’est aussi soulever la question de notre responsabilité commune et différenciée à l’égard des générations futures. Une telle responsabilité est-elle possible ? Une éthique intergénérationnelle a-t-elle un sens ? Le problème auquel se confronte l’éthicien est ici celui de la validité d’une obligation éthique vis-à-vis d’êtres hypothétiques dont il est pour nous impossible de connaître les préférences avec certitude. Accorder dans nos décisions une prévalence à ces êtres hypothétiques ne constitue-t-il pas en soi une injustice vis-à-vis des sociétés actuelles pour lesquelles nous avons et la certitude et la connaissance des difficultés ? Cette opposition apparaît d’autant plus légitime que, d’un point de vue économique, nous sommes obligés, dans cette perspective, de supporter aujourd’hui d’importants coûts financiers en vue de bénéfices futurs.
Impossible enfin d’envisager le temps long sans tourner nos regards vers le passé pour en tirer des leçons. Or là aussi, les perspectives divergent. Si pour certains le temps long constitue un argument contre l’urgence climatique tant le changement climatique apparaît être un invariant à l’échelle géologique, pour d’autres l’approche historique autour de ces questions est au contraire centrale. Alors que nous pensons vivre une prise de conscience environnementale, l’histoire nous apprend en effet que c’est en pleine connaissance de cause que les hommes du XVIIIe siècle sont entrés dans ce que l’on appelle aujourd’hui l’Anthropocène. Elle nous montre aussi que nous nous trompons lorsque nous envisageons de manière téléologique l’histoire énergétique.
Politique, économie, sciences sociales, biologie, éthique : la question du changement climatique est donc traversée par les temporalités et normativités issues de disciplines très variées où les jeux d’acteurs ne sont pas les mêmes. Objet complexe par définition que tentent de saisir les modèles, elle est aujourd’hui pourvoyeuse tout à la fois d’espoirs et d’incertitudes. Pas étonnant donc que pour la philosophie, cette question du changement climatique, parce qu’elle remet en question l’idée d’amélioration constante de l’avenir de l’homme, invite à repenser l’utopie du Progrès…

Lire la lettre n°2 (pdf)

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