Les sociétés à l’épreuve du changement climatique éduquer – agir – gouverner

Pour un dialogue innovant sur le changement climatique

La lettre n°3

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Derrière les mots du débat

lettre N°3

Parler d’un sujet aussi complexe que le climat peut sembler une gageure tant est grand le hiatus entre les perceptions du phénomène et les nuances propres à la science du climat. Comment parvenir à une plus grande compréhension mutuelle dans le dialogue autour d’une thématique à ce point caractérisée par l’incertitude et la controverse, réelle ou fabriquée ?
Tout d’abord en étudiant, comme invite à le faire la psychologie sociale, les représentations sociales, la pensée de sens commun, les voies de l’appropriation et les contextes dans lesquels se forment les opinions et les idées. Il est en effet essentiel de comprendre que derrière les mêmes pratiques et les mêmes mots se cachent parfois des représentations et des sentiments différents et que personne n’échappe à l’influence de cette culture émotionnelle, que cette dernière soit consciente ou inconsciente. Personne, pas même les journalistes qui représentent pourtant une voix importante dans le débat autour du changement climatique.
Qu’ils le revendiquent ou non, ces derniers jouent en effet un rôle dans la décision politique. De fait, ce sont eux qui mettent à l’agenda les thématiques, les événements et les controverses qui se voient ainsi, si ce n’est légitimés, du moins institutionnalisés. Or cette mise en lumière des problématiques n’est pas neutre dans la mesure où les journalistes ont aussi une fonction de cadrage à l’origine de biais. Indifférence, doute, mobilisation : la question du changement climatique peut ainsi prendre diverses colorations et trouver plus ou moins d’échos dans l’opinion publique suivant le traitement qui en est fait et les ressorts utilisés (images illustrant des impacts, personnification du propos via des victimes, des hommes politiques ou des célébrités, évocation des risques). La problématique du climato-scepticisme est à cet égard édifiante. Initialement formulée par une petite partie de la communauté scientifique américaine ultra-libérale, elle a assez vite rencontré outre-Atlantique un certain succès auprès de médias – toujours en quête de contradictions pour traiter des sujets difficiles – avant de se diffuser par capillarité en France.
Dans ce contexte, quelles sont les marges de manœuvre l’école pour éduquer la jeunesse aux enjeux climatiques ? Des études ont permis de révéler que tandis que les enseignants se trouvent parfois démunis sur la façon de dialoguer avec leurs élèves, ces derniers sont demandeurs de plus de médiation scientifique. Quant aux moyens de mieux former aux enjeux du risque climatique, tout le monde s’accorde sur la nécessité de recourir à l’histoire des sciences, de déconstruire les idées reçues, de décrypter les discours, etc. Bref : d’outiller les élèves en termes de savoirs, de savoir-faire et de savoir-être. Comment ? En soulignant la cohérence entre les disciplines, en développant les enseignements interdisciplinaires, en prenant le temps de mobiliser les représentations des élèves et en les familiarisant à la démarche de problématisation. Ce n’est qu’ainsi armés qu’ils pourront faire face à la complexité des enjeux sui se jouent dans notre société.

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