Les sociétés à l’épreuve du changement climatique éduquer – agir – gouverner

Pour un dialogue innovant sur le changement climatique

La lettre n°4

Poster un commentaire

lettre N°4

L’expertise en question

Qui dit urgence climatique, dit réaction internationale. Oui mais… Réagir au changement climatique suppose de penser l’articulation entre recherche, expertise et décision. Dit autrement, cette réaction impose de se demander comment passer de la connaissance à la connaissance de ce qui doit être fait. Or aujourd’hui, les scientifiques jouent un rôle important dans la constitution de l’opinion publique. Ils interviennent de plus en plus souvent dans le processus démocratique à titre d’experts soit auprès des politiques, soit auprès des journalistes. Il est donc légitime de se demander ce qu’est un expert et ce qu’est l’expertise. L’expert répond à une demande plus ou moins précise et rarement formulée dans des termes scientifiques. Un travail doit donc être mis en œuvre pour passer des résultats de la recherche à celle de l’expertise. Or un objet comme le climat dépasse les frontières nationales, disciplinaires, mais aussi générationnelles ou culturelles.
Dans ce contexte le GIEC représente une forme d’expertise internationale tout à fait particulière faisant intervenir une centaine de pays et autant d’auteurs au rapport. Il constitue en soi une innovation puisqu’il associe science et décision dans le processus même d’élaboration des rapports, mais il fait aussi l’objet de contestations. Cet exemple du GIEC rappelle la difficulté du passage de l’expertise à la décision. Mettre en cohérence les discours très spécialisés et fragmentaires de la recherche sur un objet comme le climat n’est pas du tout évident. Comment réconcilier cette difficulté du passage de ce qui est à ce qui doit être avec cette volonté de fonder l’action politique sur des arguments scientifiques ?
Les travaux réalisés dans les sciences sociales montrent que l’expert ne fait pas que réaliser une synthèse des connaissances établies mais qu’il va transformer ces connaissances dans la réalisation même de ses rapports d’expertise. Les récits qui émergent du travail d’expertise ne sont donc pas strictement scientifiques, ils sont inévitablement politiques. Or cette place prépondérante accordée à la science dans la gouvernance climatique constitue aujourd’hui l’un des principaux points d’achoppement dans les débats. Il est donc légitime de se demander si le climat ne devrait pas être repensé comme un problème non pas seulement environnemental, mais aussi social, économique et géopolitique, et s’il ne faudrait pas accorder davantage de place aux sciences sociales dans le processus d’expertise. Cette question est particulièrement prégnante sur le dossier de la transition énergétique où se pose la question de l’acceptabilité de l’opinion publique.
Certains commentateurs considèrent enfin que, plus que le changement climatique, c’est l’incidence de l’homme sur la planète qui devrait être placée au cœur des négociations internationales et qu’il est urgent de mobiliser les bonnes ressources pour aborder enfin la réalité des changements aujourd’hui à l’œuvre au niveau mondial.

Lire la lettre N°4

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s