Les sociétés à l’épreuve du changement climatique éduquer – agir – gouverner

Pour un dialogue innovant sur le changement climatique

Résumés et bibliographies

 BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

Jean-Cassien BILLIER

La justice climatique a-t-elle un sens ?

Résumé. Le changement climatique nous laisse entrevoir la possibilité d’un monde plus injuste, puisque ses effets creuseront les inégalités, plus dangereux, puisque ces injustices seront susceptibles d’entraîner des guerres, plus difficile à vivre, voire, selon le scénario le plus inquiétant, rendant impossible à terme la vie de l’humanité. La question centrale est du coup de savoir, avant même d’envisager une justice distributive des maux engendrés par le changement climatique, s’il est moralement acceptable de léguer aux générations futures un tel monde. Cette question se heurte cependant à des difficultés philosophiques liées à l’idée que nous puissions avoir des devoirs envers les générations futures, autrement dit envers des êtres simplement possibles, et non réels.

Bibliographie:

– Stephen Gardiner, A Perfect Moral Storm: the Ethical Tragedy of Climate Change (Oxford University Press, 2011).
– Stephen Gardiner, Simon Caney, Dale Jamieson et Henry Shue, Climate Ethics. Essential Readings (Oxford University Press, 2010)
– Steven Vanderheiden , Atmospheric Justice : A Political Theory of Climate Change, (New York, Oxford University Press, 2008)

BO Yan

Les représentations du changement climatique en Chine

Résumé. The talk on “China’s perceptions of climate change” will analyze Chinese government’s evolving definitions of climate change in the past two decades and China’s public perceptions of climate change currently.

Bibliographie
BOOKS
. Bo Yan, The Trilateral Relations among China, the US and the EU, Shanghai: Shanghai Peoples’ Press, 2012.
. International Negotiation and Domestic Politics: An Analysis of US and Kyoto Protocol, Shanghai: Shanghai Sanlian Press, 2007.
BOOK CHAPTERS
. Bo Yan ,Giulia C. Romano and Chen Zhimin , »The EU’s Engagement with China in Global Climate Governance », in Multilateralism in the 21st Century: Europe’s Quest for Effectiveness, edited by Caroline Bouchard, John Peterson and Nathalie Tocci, Routledge,2013,pp.198-223.
. Bo Yan and Chen Zhimin , « Europe, Asia and Climate Change Governance”, in Thomas Christiansen ed., The Palgrave Handbook of EU-Asia Relations, Palgrave Macmillan, 2013,pp.451-468
. Bo Yan and Chen Zhimin,“China, Europe and Climate Change”, in José Luis de Sales Marques, Reimund Seidelmann und Andreas Vasilache(eds.), Asia and Europe: Dynamics of Inter- and Intra-Regional Dialogues,2009.

Geoffrey BOULTON

L’épistémologie des Big Data et leur pertinence pour la compréhension du climat

Résumé. « Big Data » n’est pas le terme qui convient. Notre capacité à acquérir, stocker, manipuler et transmettre instantanément des données a induit une grande nouveauté, celle de permettre la caractérisation de systèmes couplés complexes, qui vient renforcer notre aptitude à simuler l’évolution de ces systèmes complexes. Ce résultat est obtenu en intégrant des données provenant des différents points du vue du phénomène étudié, et c’est pourquoi l’utilisation du terme « Broad Data » est plus appropriée. L’itération entre simulations et caractérisations empiriques est particulièrement efficace. Ce type d’approche peut présenter un grand intérêt pour des programmes tels que Future Earth, où l’intégration de données relatives aux sciences naturelles et aux sciences sociales peut s’avérer importante.

Marcel BURSZTYN

Les représentations du changement climatique au Brésil

Résumé. Comme le reste de la planète, le Brésil n’a pas été épargné par les événements extrêmes. De fortes inondations là où elles n’avaient encore jamais eu lieu, des glissements de terrain dans des espaces urbains fortement peuplés, une sécheresse en Amazonie, une crise de l’approvisionnement en eau dans l’agglomération métropolitaine de São Paulo, et même un ouragan dans le sud du pays… ce ne sont que quelques exemples d’événements qui ne passent pas inaperçus. Contrairement à la plupart des nations dont la responsabilité, en termes d’émissions de gaz à effet de serre (GES), est liée à l’utilisation de carburants fossiles, au Brésil, les émissions sont dues principalement aux changements d’occupation du sol (déboisement des forêts tropicales). Même si, par les compromis signés au Protocole de Kyoto, le pays n’est pas obligé de promouvoir des actions de réduction de ses émissions de GES, des efforts (au moins au niveau formel) sont menés afin d’établir des objectifs visant à la mitigation du changement climatique. Tel est le cas de la limitation de la déforestation et aussi de la réduction des émissions de GES, dans certains secteurs industriels critiques, comme la sidérurgie.

Néanmoins, et paradoxalement, la matrice énergétique du Brésil, qui autrefois était considérée comme propre, car basée sur l’hydroélectricité, est de plus en plus remise en question. Les représentations du changement climatique peuvent être analysées selon différentes perspectives. Au niveau de la régulation publique, il existe une prise en compte progressive de cette thématique. Cependant, si d’un côté on observe une convergence pour une meilleure considération de l’aspect climatique des politiques sectorielles, cela ne signifie pas une cohérence entre elles mais parfois même des contradictions. Au niveau social, les événements extrêmes, associés au rôle des différents médias, mènent à une prise de conscience sur le sujet, mais parfois les perceptions sont associées à d’autres réalités que celles vécues par la population. Au niveau scientifique, les activités de recherche évoluent vers une adoption des thèmes climatiques en tant que objet d’étude. Bibliographie:

 

Sabine Caillaud & Ewa Drozda-Senkowska

Représentations, émotions et pratiques : une comparaison franco-allemande

Résumé: D’après les psychologues sociaux, les connaissances sur le changement climatique ne prédisent que très faiblement les comportements pro-écologiques. Faut-il pour autant renoncer à les diffuser dans l’espoir qu’elles apporteront un changement ? La réponse est non, à condition d’admettre que ces connaissances s’intègrent dans un déjà-là, qu’elles font l’objet d’un processus d’appropriation social et aboutissent ainsi à des représentations. Tout l’art consiste alors à capter correctement ce processus, à examiner comment ce déjà-là modèle les représentations du changement climatique. Autrement dit, il convient d’examiner le rôle du contexte socioculturel, du déjà-là, dans la manière dont se construisent les représentations.
Nous illustrerons notre propos à partir de recherches portant sur les représentations du changement climatique en France et en Allemagne, et plus précisément sur la manière dont la presse en parle, dont les individus, seuls et en groupe, expliquent les causes et les conséquences du changement climatique, sur les émotions qu’ils ressentent, mais aussi sur la manière dont ils donnent sens à leurs pratiques écologiques.
Aussi, poser la question des connaissances sous l’angle des représentations met en évidence que le changement climatique peut renvoyer à des réalités sociales variées, toutes aussi vraies, mais supposant nécessairement des pistes d’actions différentes pour lutter contre le changement climatique. Cette diversité de représentations, entre deux pays pourtant voisins, pose un vrai défi aux pays engagés dans les négociations de la COP21 : quel consensus, quel dialogue est possible quand le changement climatique fait l’objet de représentations et de ressentis si divers ?

Bibliographie:

  • *Caillaud, S., & Flick, U. (2013). New meanings for old habits? Representations of climate change in France and in Germany. International Review of Social Psychology, 26 (3), 39-72.
  • Caillaud, S., Kalampalikis, N., & Flick, U. (2012). The social representations of the Bali climate conference in French and German media. Journal of Community and applied Social Psychology, 22 (4), 363-378. doi: 10.1002/casp.1117.
  • *Castro, P. (2006). Applying social psychology to the study of environmental concern and environmental worldviews: Contributions from the social representations approach. Journal of Community and Applied Social Psychology, 16, 247-266.
  • Jacquiot, P. (2007). Comparaison des processus de formation et de diffusion du mouvement écologiste en RFA et en France. Cahiers Internationaux de Sociologie, 73, 217-244.
  • *Jodelet, D. (1989b). Représentations sociales : un domaine en expansion. Dans D. Jodelet (Ed), Les représentations sociales (pp. 47-78). Paris: Presses Universitaires de France.
  • Kempton, W. (1997). How the public views climate change. Environment, 39(1), 13-21.
  • *Kuckartz, U. (2009). Globaler klimawandel und gerechtigkeit : Einstellung and verhalten der bürgerInnen in Deutschland und Europa, Tagung Klimawandel und Gerechtigkeit. Bundeszentrale für politische Bildung, Hamburg, Deutschland, 27. November.
  • *Leiserowitz, A. (2007). Public perception, opinion and understanding of climate change – current patterns, trends and limitations. Human Development Report Office, occasional paper, 1-46.
  • Lorenzoni, I., Leiserowitz, A., De Franca Dora, M., Poortinga, W., & Pidgeon, N. (2006). Cross-national comparisons of image associations with « global warming » and « climate change » among laypeople in the United States of America and Great Britain. Journal of Risk Research, 9(3), 265-281.
  • Reynolds, T. Bostrom, A. Read, D., & Morgan, G. (2010). Now what do people know about climate change? Survey studies of educated laypeople. Risk analysis, 30(10), 1520-1538.
  • Wagner, W. (2007). Vernacular science knowledge: Its role in everyday life communication. Public Understanding of Science, 16, 7-22.
  • *Weber, E., & Stern, P. (2011). Public understanding of climate change in the United States. American Psychologist, 66(4), 315-328.

Les références précédées d’une * sont des références plus simples d’accès pour des non spécialistes de la discipline.

Patrice Christmann

A short introduction to the international resource panel

Amy DAHAN

Revisiter le rôle de l’expertise dans le problème climatique

Résumé. Depuis vingt-cinq ans, le changement climatique anthropique est appréhendé comme une question d’environnement global. Les sciences du climat jouent un rôle primordial dans la construction du problème, résumé par la formule « science speaks truth to power », science et politique étant supposées séparées et étanches. Ce cadrage jusqu’ici dominant est aujourd’hui ébranlé par l’échec des négociations internationales : il est devenu manifeste que le consensus scientifique ne suffit pas à engendrer des décisions politiques globales significatives. À l’heure de la COP de Paris, alors la nécessité de changer de paradigme dans la négociation, s’est imposée, mon exposé s’interrogera sur l’évolution des relations entre science et politique dans le régime climatique, le rôle du GIEC, et en évoquant les critiques et perspectives qui se dessinent à propos des modèles d’expertise.

Neli Aparecida de Mello-Thery

Bibliographie

Impact du changement climatique sur les sécheresses en Bretagne

Jean-Baptiste FRESSOZ

Une histoire politique du CO2

Résumé: Si tout le monde a en tête la courbe exponentielle des émissions de CO2 aux XIXe et XXe siècles, on n’en a curieusement aucune histoire. Le débat public pâtit de ce manque. Faute de connaissance précise, les récits spontanés de l’Anthropocène se perdent dans des critiques sans focale incriminant « la modernité » ou « l’espèce humaine » en général. De quelle histoire devons-nous nous armer pour penser de manière plus pertinente la crise environnementale dont le changement climatique représente un des aboutissements?

Roger Guesnerie

Regard d’un économiste sur la politique climatique

Résumé: Le débat sur la politique climatique renvoie à la fois aux questions de sa légitimité, de son intensité souhaitable et des formes qu’elles doit prendre. Ces questions ne sont pas indépendantes mais alimentent des réflexions séparées.
Les deux premières questions, la légitimité et l’intensité de l’action, renvoient à une sorte d’analyse couts-avantages généralisée inscrite dans le temps long du calendrier climatique. La discussion économique met ainsi en avant à l’évaluation probabiliste et monétaire des risques encourus et le choix d’un taux d’actualisation en ligne avec les exigences de l’altruisme inter-générationnel.
La discussion des mérites relatifs des instruments, taxation, marché de droits, subventions, doit d’abord adapter la réflexion traditionnelle au divers éléments de contexte, (temps long, évolution des ressources carbonées), puis prendre en compte et accompagner les formes balbutiantes de gouvernance mondiale post Kyoto susceptibles d’être mises en place.

Bibliographie:

  • « Kyoto et l’économie de l’effet de serre », sous la direction de R. Guesnerie, 265 p. La Documentation Française, 2003.
  • « Ethique et Changement Climatique », (O. Abel, A. Berger, J.-M. Besnier, R. Guesnerie et M. Serres), Editions Le Pommier, 2009, 204p.
  • “Trois question épineuses à l’arrière-plan des politiques climatiques » (R. Guesnerie, F. Henriet et JP Nicolaï), Annales d’Economie et Statistiques, p.21-55. Hors Série, 2012. .
  • « Combattre l’effet de serre nous mettra-t-il sur la paille », Editions Le Pommier, 2003, 46 p., traduit en espagnol, coréen, .
  • « Pour une Politique Climatique Globale », R. Guesnerie, Editions Rue d’Ulm/Presses de l’Ecole normale supérieure, 2010, 96 p.
  • “Deux économistes face aux enjeux climatiques”, R. Guesnerie et Nicholas Stern, Savoirs et Débats Economiques, Editions Le Pommier, 2012, 110

HUANG Yitian

Decoupling carbon and the Chinese economy: drivers and obstacles

Résumé. La Chine étant devenue le premier émetteur de gaz à effet de serre en termes d’émissions annuelles totales, le découplage entre les émissions de carbone et l’économie chinoise s’avère essentiel pour la réussite de la campagne mondiale de lutte contre le changement climatique. Le programme de développement socio-économique de la Chine prend en compte les questions d’économie d’énergie et de réduction des émissions. Ma présentation analysera les différents moteurs d’une politique d’atténuation du changement climatique en Chine et les obstacles à surmonter pour parvenir à une économie sobre en carbone. Quatre facteurs expliquent les efforts menés par la Chine en faveur d’un développement sobre en carbone : son changement de posture dans les négociations mondiales sur le climat, la nécessité de restructurer l’économie chinoise, les inquiétudes en matière de sécurité énergétique et l’existence d’une nouvelle coalition favorisant le développement à faible émission de carbone. Par ailleurs, trois obstacles ont été identifiés et analysés : la charge économique, la dotation en ressources naturelles et la disponibilité limitée des technologies sobres en carbone.

 

Johanna LEISSNER

L’impact du changement climatique sur le patrimoine culturel : un défi pour la recherche et la communication

Résumé. Le changement climatique est étroitement lié à la demande mondiale en énergie et représente l’une des plus grandes menaces de notre temps. Depuis plusieurs décennies, des scientifiques du monde entier mènent des recherches sur le sujet et des modèles climatiques complexes ont été développés dans le but d’obtenir des projections sur l’évolution du climat. Si le changement climatique est un sujet de préoccupation important, son impact sur la planète l’est encore plus. Pourtant, nous ne disposons que de peu d’informations sur la manière dont le changement climatique affectera l’espèce humaine et son environnement. De nombreux travaux de recherche ont déjà été entrepris pour analyser les effets changement climatique sur l’économie, la biodiversité, l’agriculture ou encore sur la disponibilité en eau douce, mais l’état des connaissances sur l’impact potentiel du changement climatique sur notre patrimoine culturel reste limité. Or, pour gérer notre patrimoine culturel de façon durable et convaincre les décideurs d’allouer des ressources financières à cet effet, il faut savoir de quelle façon les futurs changements climatiques affecteront l’héritage du passé. Le patrimoine culturel est une ressource non-renouvelable qui revêt une importance intrinsèque pour notre identité ; il convient donc de mettre en œuvre des stratégies durables d’adaptation et d’atténuation plus efficaces afin de préserver nos biens culturels sur le long terme. Des évaluations plus fiables se traduiront par de meilleurs modèles de prédiction, qui à leur tour permettront d’adopter des mesures préventives au moment opportun, réduisant ainsi la consommation d’énergie et de ressources. Dans ce but, le grand projet européen « Climat pour la culture » utilise des scénarios inédits à haute résolution sur l’évolution du changement climatique, associés à des modèles de simulation des bâtiments, afin d’identifier les risques les plus imminents en Europe, jusqu’en 2100. Il faudra donc non seulement analyser l’impact du changement climatique sur les bâtiments historiques et la demande future en énergie mais aussi les possibles effets du climat intérieur sur les précieuses collections que renferment ces bâtiments. Ce projet examine également un vaste panel de mesures d’adaptation et d’atténuation des effets : comment contrôler efficacement le climat intérieur et les microclimats et comment la redynamisation et l’amélioration des systèmes de contrôle climatique (climatisation) peuvent mener au développement de solutions durables pour la conservation des bâtiments historiques. La méthodologie du projet Climat pour la culture a été intégrée à un logiciel d’aide à la décision qui fournit aux propriétaires des conseils sur la façon d’adapter leurs bâtiments au changement climatique et, pour la première fois, une analyse approfondie des bénéfices économiques de la protection des intérieurs patrimoniaux européens contre les effets du changement climatique a été menée. Cette analyse inclut une étude sur les comportements, les préférences et les points de vue éthiques du grand public face à la nécessité de protéger les richesses culturelles du changement climatique. Un questionnaire destiné aux visiteurs, disponible au Royaume-Uni, en Suède, en Allemagne et en Italie, a été réalisé en trois langues (anglais, allemand et italien).

Hervé LE GUYADER

La fonte de la banquise arctique : quel impact sur la biodiversité ?

Résumé. Le recul de la banquise – celle d’hiver en particulier – bouleverse profondément les conditions environnementales des organismes vivant dans les régions polaires arctiques.
La première partie de l’exposé correspondra à un commentaire / approfondissement de l’extrait du film d’ARTE « L’ours polaire, une espèce menacée ? »
Une généralisation permettra de montrer que la biologie de l’ours polaire n’est pas une originalité, mais que beaucoup d’espèces « blanches » (leuciques) réalisent des hybridations avec des espèces qui, auparavant, étaient considérées comme éloignées sur le plan génétique. On conclura cette partie sur la nécessité de prendre en compte les connaissances sur la génomique de ces animaux en biologie de la conservation.
En deuxième partie, on proposera quelques données sur les prévisions concernant la biodiversité de l’océan Arctique pour le siècle à venir. En particulier, l’ouverture du « passage du Nord-Ouest » favorise des échanges très dynamiques entre faunes et flores des océans Pacifique et Atlantique avec des conséquences majeures sur la biogéographie des espèces.

Hervé LE TREUT

Changement climatique, de l’alerte à l’action: de nouveaux enjeux de connaissance et de formation

Résumé. Le changement climatique constitue un enjeu environnemental très particulier puisqu’il affecte sur le long terme (l’échelle des décennies) un système où évoluent de manière solidaire des composantes très différentes: l’atmosphère, les océans, les sols continentaux. Les émissions de gaz à effet de serre perturbent les évolutions naturelles de ce système à un rythme qui s’accélère sans cesse: au cours des 60 dernières années les émissions de CO2 liées à la combustion du charbon, du pétrole ou du gaz naturel ont été multipliées par un facteur 10 environ, et elles s’accumulent durablement dans l’atmosphère. Le diagnostic scientifique, la prise de conscience par le grand public et les décideurs politiques ont peine à suivre ce rythme très rapide, ce qui fait qu’aujourd’hui il nous faut décider une combinaison de mesures complexes: réduction drastique de l’usage des produits carbonés, faisant appel à relativement court terme à des technologies nouvelles, et adaptation préventive à la part des changements devenus inévitables. Tout ceci se produit dans un contexte où l’on ne peut oublier d’autres enjeux liés par exemple à la biodiversité, aux respects des valeurs humanistes, aux problèmes d’équité entre pays ou individus.

Sandrine MALJEAN-DUBOIS

L’accord de Paris, socle de la gouvernance internationale du climat ?

Résumé. La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques de 1992 constitue aujourd’hui le socle du régime international sur le climat. Mais il est communément admis qu’elle n’est ni efficace, ni suffisante. Bien des initiatives climatiques sont prises à l’extérieur de la Convention, à l’échelle internationale, régionale, étatique, infraétatique ; et sont le fruit d’acteurs aussi bien publics que privés. La gouvernance internationale du climat se présente plutôt comme un « complexe de régimes » sur le climat, Dans cette perspective, l’accord de Paris doit être pensé comme le socle de ce complexe de régime, et ceci sous peine d’inefficacité de l’accord, voire de l’ensemble du complexe. Il doit, à ce titre, se voir assigner deux objectifs différents mais complémentaires: d’une part jouer le rôle d’un catalyseur, en mesure de créer une dynamique et contribuer à élever le niveau d’ambition dans les autres régimes du complexe de régimes ; d’autre part jouer le rôle d’un chef d’orchestre, en mesure précisément d’orchestrer la gouvernance du climat, d’en renforcer la cohérence, d’assurer les complémentarités voire des répartitions du travail, d’éviter les doubles emplois, etc.

Solange MARTIN

Présentation de l’étude de l’ADEME sur « Les représentation sociales de l’effet de serre et du réchauffement climatique », décembre 2014

Résumé. Depuis l’année 2000, l’ADEME réalise annuellement une enquête d’opinion sur les représentations sociales de l’effet de serre et du réchauffement climatique. Les attitudes, les croyances ainsi que les mesures politiques souhaitées et les gestes pratiqués y sont explorés. L’analyse des évolutions enregistrées sur cette période montre une sensibilisation croissante du public aux thèmes de l’effet de serre ainsi que sa variation sous l’effet d’évènements externes : l’échec ressenti du sommet de Copenhague (2009) et l’aggravation de la crise économique. L’enquête administrée au mois de juin 2014 montre que le réchauffement climatique redevient la principale préoccupation environnementale des Français. L’existence de conséquences pour soi et, plus généralement la perception de risques inhérents aux problèmes environnementaux, impactent également les représentations et les propensions à faire des Français.

Laurent NEYRET

L’émergence de nouvelles responsabilités à l’échelle internationale

Résumé: Quelles responsabilités juridiques du fait du réchauffement climatique. L’origine anthropique du réchauffement climatique conduit les juristes à s’interroger sur les responsabilités juridiques qui peuvent en résulter. A ce titre, les actions des populations se multiplient contre les États à qui est reproché un défaut de prévention. Au-delà des États, ce sont les entreprises qui sont actionnées, pour l’instant sans succès, pour réparer les dommages en lien avec le réchauffement climatique comme les conséquences des événements climatiques extrêmes ou le déplacement de populations. Enfin, pour les comportements les plus graves commis consciemment (déforestation illégale, urbanisation en zone à risque), et à l’origine de dommages graves et irréversibles (morts, destruction des écosystèmes), la question de la répression pénale se pose. En définitive, « prévention, réparation, répression » : telle pourrait être la devise de la responsabilité climatique de demain.

Eric ROCHARD

Les effets du changement climatique sur la distribution des espèces. A quoi peut-on s’attendre et comment réagissent les décideurs ?

Résumé. Sous l’effet du changement climatique, les espèces ont deux voies d’adaptation possibles : évoluer/modifier leurs caractéristiques sur place ou se déplacer/disperser leur descendance vers un environnement plus favorable. A partir de la connaissance de la distribution historique des espèces, les scientifiques ont établi des modèles permettant de définir les caractéristiques de leur distribution spatiale.
Dans de nombreux cas, ces modèles ont une composante climatique. On peut donc projeter la distribution potentielle d’une espèce selon des scénarios de changement climatique. Les poissons migrateurs ont montré au cours de l’histoire une grande capacité à s’adapter. Nous avons établi leur distribution potentielle à l’échelle européenne selon différents scénarios de changement climatique. Pour la plupart des espèces, on s’attend à un glissement vers le nord et à une contraction de leurs aires de distribution.
Ces résultats entraînent des réactions très virulentes de la part de certains gestionnaires et décideurs publics qui voient ce « nouveau facteur » remettre en cause tous leurs efforts de « restauration ».

Bibliographie :
– Paul Torday, 2009, Partie de pêche au Yemen, collection 10/18
– Florence Baptist, Nicolas Poulet & Nirmala Séon-Massin (coordination), 2014, Les poissons d’eau douce à l’heure du changement climatique : état des lieux et pistes pour l’adaptation; collection Comprendre pour agir, Office national de l’eau et des milieux aquatiques
– Le Treut H. (sous la dir. de), 2013, Les impacts du changement climatique en Aquitaine, Presses Universitaires de Bordeaux et LGPA-Editions, Collection « Dynamiques Environnementales-A la croisée des sciences », 367 p.

Isabelle VEYRAT-MASSON

Informer sur le changement climatique : quel traitement par les médias ?

Résumé. Les médias ont progressivement pris en compte la question climatique. Essentiellement à travers les événements qu’ont constitué les rassemblements internationaux sur le climat et à travers les controverses qui ont parsemé la question climatique.Le traitement médiatique de la question du climat a varié selon la place de l’écologie dans les différents médias et la légitimité portée par certains journalistes. Les questions politiques si clivantes dans l’espace public français (et médiatiques) ne semblent pas aussi déterminantes dans ce domaine

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