Les sociétés à l’épreuve du changement climatique éduquer – agir – gouverner

Pour un dialogue innovant sur le changement climatique


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Economie politique du changement climatique

« Le climat se réchauffe, personne ne le conteste plus, le moment de l’action est venu. Non, cette planète n’est pas condamnée, il faut seulement prendre conscience que l’économie aborde un nouveau et gigantesque défi ».

C’est par cette accroche que l’éditeur Eyrolles résume le propos de l’ouvrage intitulé Le climat va-t-il changer le capitalisme ?
Sous la direction de Jacques Mistral, cet ouvrage collectif donne la parole aux économistes. Leur réponse au changement climatique s’articule autour du « prix du carbone » : les émetteurs de carbone devraient payer pour leurs émissions. Telle est la révolution de bon sens proposée. De Jean Tirole à Michel Rocard, les auteurs rassemblés dans cet ouvrage mettent ainsi en lumière les choix économiques fondamentaux qui nous sont proposés, les aléas des processus de décisions politiques, la tension entre coopération internationale et intérêts de chaque pays. La lutte contre le réchauffement climatique ouvre aujourd’hui selon eux une ère nouvelle : la transition vers l’économie bas-carbone sera la grande mutation du XXIe siècle.
Cette semaine, Le Nouvel économiste publie en exclusivité un chapitre de ce livre dans lequel Jean Tirole, prix Nobel d’économie, revient sur ce que serait un bon accord à la conférence climatique de décembre.

tirol

Pour en savoir plus :
. Lire le chapitre publié par Le nouvel Economiste

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Revue de presse – Semaine du 13 au 19 juillet

Energie-climat : le paquet d’été présenté par Bruxelles

. La filière électrique française à la recherche du temps perdu

19 juillet – Les Echos

. Vers un durcissement du système des quotas du CO2 sur le marché européen

17 juillet – Novethic

. Bruxelles veut relancer le marché du carbone

16 juillet – Les Echos

Addis-Abeba : changement climatique et développement

. A Addis-Abeba, l’ONU parvient à un accord sur le financement du développement

16 juillet – Le Monde

. Quels défis pour les villes africaines face au changement climatique ?

13 juillet – Le Monde

Climat et innovation

. Des innovations pour un monde « bas-carbone » à l’exposition Innov’Climat

17 juillet – Huffingtonpost

. L’Ademe expose ses innovations au centre de Paris

8 juillet – Le moniteur

International

. La coopération internationale sur le climat est cruciale

16 juillet – Huffingtonpost

. Prise de conscience méditerranéenne sur le climat ?

15 juillet – L’économiste

. Changement climatique : l’Afrique aussi est concernée

17 juillet – Jeune Afrique

. Sept Etats du triangle polynésien adoptent un « pacte » climatique

17 juillet – La Presse


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Synthèse de l’université

Compendiun de la synthèse de l’université européenne d’été

English version

lettre N°2-2Les sociétés à l’épreuve du changement climatique
agir – éduquer – gouverner

Évoquer « l’épreuve » du changement climatique, c’est faire état d’une ambivalence car si en première intention l’épreuve semble connotée négativement en tant qu’annonciatrice de malheur et difficultés, elle traduit aussi l’idée d’une opportunité de développement en termes d’innovation et de solidarité.

La mise en exergue d’une « urgence climatique » apparait, elle aussi, complexe : injonction à l’action politique, elle pose en même temps la question de l’appropriation par la société de l’évolution d’un problème de bien commun, objet hybride et diffus, historiquement formulé en termes scientifiques.

Penser le changement climatique en termes de temporalités

L’objectif consistant à ne pas dépasser les 2°C de hausse de température à l’horizon 2100 créé une perméabilité entre le présent et l’avenir : c’est en effet un objectif lointain qui est appelé à déterminer l’action politique des sociétés à court et moyen terme. La question de l’opérabilité d’un objectif lointain suppose un travail de concrétisation ici et maintenant.

Parce qu’elle nous invite à nous projeter vers le futur, l’épreuve du changement climatique constitue l’occasion d’une nouvelle forme d’utopie. Or, celle-ci peut s’envisager à différentes échelles de temps : soit celle de l’humanité, soit celle du globe. Si l’on se place à l’échelle de l’humanité, c’est alors le présent qui devient la norme et l’objectif pour le futur est de maintenir le « climat de toujours ». Cette situation donne naissance à une forme d’utopie que l’on peut qualifiée de rétrograde ou d’inversée. Si l’on se place à l’échelle du globe, le présent ne prime plus et la question d’un idéal à atteindre se voit remplacée par celle de la nécessaire adaptation.

Cette question du temps long se retrouve dans la théorie de l’Anthropocène selon laquelle nous vivons une révolution géologique caractérisée par l’empreinte irréversible laissée par l’homme sur la Terre. Pour les tenants de cette théorie, la réflexion environnementale actuelle souffre d’un profond déficit d’histoire. Une histoire politique s’impose donc pour éviter une vision trop téléologique de l’histoire des choix technologiques.

La problématique climatique pose la question éthique de notre responsabilité « commune et différenciée » vis-à-vis des générations actuelles et futures. Quatre raisonnements sont proposées pour établir cette responsabilité : la responsabilité par la valeur absolue (se pencher sur les émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et aujourd’hui) ; la responsabilité par intensité carbone (se pencher sur l’émission de CO2 par unité de consommation énergétique) ; la responsabilité par tête (intégrant la taille du pays) ; la responsabilité prospective (consistant à oublier le passé et à pousser à agir ceux qui sont aujourd’hui en capacité de payer). Chacun de ces principes est juste, mais insuffisant à lui seul. Il faut donc travailler à leur équilibre pour établir les responsabilités pour les décisions à venir.

Décision historique, la condamnation des Pays-Bas, le 24 juin 2015, par le tribunal de district de La Haye ouvre la voie à un autre type de responsabilité climatique, juridique cette fois. Alors que la réglementation relève depuis toujours des Etats, c’est actuellement à l’initiative de la société civile que le climat entre au tribunal. Cette première décision juridique ouvre la voie d’une justice climatique qu’il va falloir explorer dans ses dimensions de responsabilité administrative, civile et pénale. Elle interroge aussi les relations entre les Etats et leur justice.

=> Inscrire les réflexions dans le temps long pour ne pas se laisser enfermer par les normativités associées aux différentes temporalités à l’œuvre.

Mettre au jour les représentations inconscientes

La psychologie sociale nous apprend que derrière les mêmes pratiques et les mêmes mots se cachent parfois des représentations et des sentiments différents entre les individus. Un aspect qui n’est pas sans conséquence au niveau des négociations internationales sur le changement climatique. Il n’est pas indifférent de penser l’action en termes moraux, économiques ou encore politiques. Les exemples de la Chine, l’Algérie, le Brésil, l’Allemagne et la France montrent des différences de perception significatives. Multiplier les études comparatives entre pays est une nécessité pour mettre au jour ces représentations et apprendre à mieux se connaître.

Dans le champ de l’éducation, il est également essentiel de partir des représentations des élèves sur la question climatique pour les aider à déconstruire les idées reçues et à décrypter les discours. Plusieurs approches semblent aujourd’hui plébiscitées, au premier rang desquelles l’interdisciplinarité et les jeux de rôle (sensibilisation à la négociation).

Objet de controverse, le débat climatique se joue aussi dans l’arène médiatique. Outre le fait qu’ils mettent à l’agenda les thématiques, les événements et les controverses, dotés d’une culture propre et appelés à donner un cadrage à l’information, les journalistes, introduisent des biais (indifférence, doute, mobilisation), allant jusqu’au militantisme, qu’il faut savoir décrypter.


=> Comprendre les différences et dialoguer par delà les cultures.

Passer des sciences à l’action

Le changement climatique est aujourd’hui une réalité. Il est donc urgent d’envisager désormais la question climatique sous l’angle de l’adaptation. Un changement de paradigme invitant à passer non seulement de l’échelle globale à l’échelle locale, mais aussi des sciences du climat à une plus grande pluridisciplinarité, associant scientifiques, experts, acteurs du monde socio-économique et citoyens.

Les modèles permettent de rendre concret et de visualiser les effets du changement climatique. Aujourd’hui, l’aspect local de l’adaptation rend nécessaire d’avoir des projections climatiques moins incertaines à l’échelle des territoires (région, ville). Un travail de recherche sur les modèles est donc indispensable pour que ces derniers deviennent de véritables outils d’aide à la décision dans le cadre des politiques locales.

Si la négociation climatique est internationale, les mesures d’adaptation doivent quant à elles se concrétiser à l’échelle locale. Or, parce qu’il met en jeu une part irrationnelle de notre rapport au monde, notre rapport ambivalent à la catastrophe sidère et empêche parfois l’action. Pour rompre avec cette sidération provoquée par la peur du risque, nous devons adopter des cadres de réflexion concrets à une échelle où l’action est possible et questionner, à cette échelle, les représentations pour imaginer de nouvelles utopies.

Division par quatre des émissions de CO2 à l’horizon 2050, réduction de 30 % de la consommation d’énergies fossiles en 2030 et de 50 % en 2050 : le challenge de l’Europe en termes de transition énergétique est très ambitieux. Très contraignants, ces objectifs offrent en même temps l’occasion d’innovations scientifiques et technologiques, mais aussi organisationnelles, politiques et sociales. Les exemples de l’agriculture et de la gestion de l’eau montrent à la fois l’importance de la prospective et le potentiel d’actions locales, à la portée de tous les acteurs. De nombreux acteurs s’impliquent au niveau global et local : les ONG, les entreprises, les territoires…


=> Sortir du diagnostic global et construire à l’échelle locale l’action pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et adapter nos modes de vie.


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Le climat, à quel prix ?

A quoi sert la négociation climatique ? Comment se positionner face au climato-scepticisme ? Le livre de Christian de Perthuis et de Raphaël Trotignon fournit au lecteur les clés pour comprendre les enjeux de la coopération internationale face aux dérèglements du climat. Dans une économie mondialisée, les décisions se prennent en fonction des prix qui s’expriment sur les marchés. Or ces derniers accordent une valeur quasi nulle aux dommages climatiques résultant des rejets de CO2. L’usage de l’atmosphère est gratuit. Les conséquences en sont redoutables. Critiques à l’égard des transitions énergétiques, Christian de Perthuis et Raphaël Trotignon appellent à un véritable changement qui passe par la tarification internationale du carbone. Pointant les difficultés pour y parvenir, notamment les blocages entre les pays occidentaux et les pays émergents, ils montrent qu’on ne résoudra pas la question du climat si on ne l’inscrit pas au cœur de nos sociétés. C’est tout l’enjeu de la prochaine conférence de Paris sur le climat.

Couv_dePerthuis

Fyer livre cop21 de Perthuis

Le climat, à quel prix ? La négociation climatique, Christian de Perthuis, Raphaël Trotignon, Odile Jacob, mai 2015