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COP21 : 13 jours de négociations en 7 minutes

Les négociations sur le climat à Paris se sont achevées, samedi 12 décembre, sur des ovations, avec l’adoption d’un accord juridiquement contraignant pour les 195 Etats parties. C’est le résultat d’un long processus qui a commencé bien avant la COP21 qui s’est finalisé pendant treize jours d’intenses négociations pour les délégations et de mobilisation de la société civile. Retour en images sur le marathon de la COP21.

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Le texte de l’accord de Paris

L’accord de Paris a été adopté samedi 12 décembre. Parmi les principaux points d’accord :

  • L’objectif de 1,5°C. Le préambule à l’accord souligne, pour la première fois dans l’histoire des COP, l’objectif à plus long terme de « limiter la hausse des températures à 1,5°C », même si le but premier est de rester sous les 2°C ;
  • L’adaptation. Il s’agit de l’aide apportée par les Etats « riches » aux pays les plus touchés par les changements climatiques pour y faire face. Un article entier est consacré aux obligations des pays développés. Elles sont, d’abord, d’ordre financier. L’accord souligne en effet qu’une partie du fonds vert (les 100 milliards de dollars par an à partir de 2020) doit être consacrée à cette question ;
  • Le volet financier. Le texte se contente de prévoir une éventuelle hausse des montants versés aux pays pauvres, faisant des 100 milliards, promis en 2009, un simple « plancher ». Les pays riches pourront relever ce « plancher », mais ils n’y sont pas obligés ;
  • La révision des engagements. Les promesses de réduction des émissions faites par les parties prenantes à l’accord avant le début de la COP21 ne suffisent pas à rester sous la barre d’une hausse de 2°C des températures en 2100. Il fallait donc prévoir un mécanisme pour y remédier. Le texte met en place un système de révision périodique des engagements (tous les cinq ans).

Pour en savoir plus :

. Télécharger le texte de l’accord en français


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Accord de Paris sur le climat : l’ambition n’a pas été sacrifiée

Sandrine Maljean-Dubois, Université Aix-Marseille

L’accord de Paris, adopté ce samedi 12 décembre 2015 à la COP21, représente un compromis équilibré et globalement satisfaisant. L’ambition n’y a pas été sacrifiée à l’aune d’autres considérations. Examinons les principaux points du texte.

2 °C, voire 1,5 °C

Le texte pose l’objectif d’une limitation des températures à 2 °C, et celui de poursuivre les efforts pour une limitation à 1,5 °C (art. 2). Irréaliste, diront les sceptiques… Certes, les contributions nationales ne nous mettent pas sur la trajectoire des 2 °C, et encore moins des 1,5 °C. Mais elles ne sont pas définitives et le maximum est fait pour pousser les États à relever dans le temps le niveau d’ambition de leurs contributions :

  • Dès avant 2020, avec notamment un « dialogue de facilitation », prévu en 2018 et non plus 2019 : ce dispositif est destiné à appuyer les États dans la préparation de leurs contributions. Notons que, fort opportunément, le GIEC produira à la même date un rapport sur les effets régionaux concrets d’un dépassement des 1,5 °C.
  • Aussi après 2020, avec une première évaluation globale en 2023, puis tous les cinq ans. Bref, tout cela pourra évoluer au regard des connaissances scientifiques, technologiques et du contexte économique, politique, social. Mais toujours et seulement à la hausse conformément au principe de « progression » posé à deux reprises, selon lequel la contribution suivante de chaque Partie doit représenter une progression.

Pic des émissions, objectif de neutralité carbone

L’accord ne mentionne plus d’objectifs chiffrés globaux de réduction des émissions pour mettre en œuvre les 2 °C ou 1,5 °C. Mais le « plafonnement mondial des émissions » devra intervenir « dans les meilleurs délais » et être suivi de réductions rapides conformément aux meilleures données scientifiques, « étant entendu que le plafonnement prendra davantage de temps pour les pays en développement ». Le terme de « neutralité carbone » a disparu, remplacé par le principe plus mou d’un « équilibre entre les émissions anthropiques par les sources et les absorptions anthropiques par les puits de gaz à effet de serre ». L’objectif n’est plus daté précisément, mais il devra tout de même être atteint au cours de la seconde moitié du siècle (contre 2060-2080 envisagés précédemment).

Les moyens de mise en œuvre

Le texte est bien un traité, qui sera donc juridiquement obligatoire pour les États qui décideront d’en devenir Parties. Les contributions nationales, pourtant au cœur du dispositif, ne figureront pas dans le traité, pas même en annexe, mais dans un registre public tenu par le secrétariat. Le terme, plus mou, de « contributions » a d’ailleurs été préféré à celui d’« engagements ». Les États Parties devront (indicatif de « prennent ») toutefois communiquer et maintenir des contributions successives, et prendre des mesures pour les mettre en œuvre (art. 4§4) ; ce sera bien une obligation internationale. À moins, bien sûr, qu’ils ne décident d’utiliser leur droit de sortir du traité (art. 28).

Les contributions nationales seront données tous les cinq ans et il est envisagé de synchroniser leur durée. De même que seront adoptées des lignes directrices encadrant les États de ce point de vue (mais jusqu’où ?). Toutes concessions qui n’avaient pu être obtenues l’an dernier à Lima lors de la COP20.

La mise en œuvre des contributions est aussi très subtilement différenciée entre :

  • pays industrialisés,
  • pays en développement,
  • pays les moins avancés et pays insulaires en développement (art. 3 et 4).

Les premiers doivent continuer de « montrer la voie ». Les deuxièmes doivent approfondir leurs efforts dans le temps et prendre peu à peu des contributions concernant toute leur économie et non tel ou tel secteur. Les derniers n’ont aucune obligation. Un soutien renforcé permettra des actions plus ambitieuses des pays du Sud (art. 4§5).

Il faut noter aussi que la différenciation est désormais conçue comme évolutive : elle se lit à présent « eu égard aux contextes nationaux différents », eux-mêmes par définition évolutifs.

Un cadre de transparence est acquis, avec obligation d’inventaire annuel des émissions (sources et puits) et une information sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des contributions, toutes données soumises à une revue technique par des experts, laquelle pourra identifier « les domaines se prêtant à des améliorations » pour une partie donnée (jolie périphrase pour parler de violations !). Le lien n’est pas explicitement fait avec la procédure de non-respect qui sera établie, mais on peut imaginer (espérer ?) que les deux mécanismes seront reliés à cette occasion. Cette procédure de non-respect est un gage supplémentaire de transparence et de robustesse, même si elle sera « non accusatoire et non punitive », et tiendra compte des situations et capacités nationales respectives.

Là encore, et même si sur beaucoup de points il n’est pas seulement une fin, mais (aussi et surtout) un nouveau départ, et si les négociations doivent se poursuivre pour l’opérationnaliser, l’accord est le produit d’un magnifique exercice d’équilibrisme. Il est bien encourageant de voir que 195 pays aux intérêts si différents ont pu se mettre d’accord sur un texte qui n’est pas un « au rabais ». Après l’adoption des objectifs mondiaux de développement durable à l’ONU en septembre, voilà qui redonne un peu d’espoir dans un multilatéralisme dont le monde a plus que jamais besoin !

The Conversation

Sandrine Maljean-Dubois, Directrice de recherche CNRS au Centre d’études et de recherches internationales et communautaires (CERIC), Université Aix-Marseille

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

A lire sur le site de l’IHEST:
Sandrine Maljean-Dubois: la gouvernance mondiale du climat et
La gouvernance climatique: histoire d’une construction


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L’ébauche d’accord adopté par les négociateurs

Après plusieurs jours de discussions, les 195 négociateurs présents à la COP21 sont finalement parvenus à franchir une pré-étape en se mettant d’accord, samedi 5 décembre, sur un texte de compromis qui constituera une base pour l’adoption d’un accord universel contre le réchauffement climatique censé être conclu la semaine prochaine à Paris. Le texte ainsi adopté à l’issue d’une semaine de tractations entre négociateurs du monde entier compte 48 pages et comporte encore de très nombreuses options que les politiques devront trancher pour aboutir à l’adoption d’un pacte universel d’ici à vendredi prochain.

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Nicolas Hulot et la protection de la planète

Nicolas Hulot, envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète, rappelle les enjeux de la COP21 qui débute à Paris le 30 novembre et met en garde contre l’irréversibilité des phénomènes si on n’arrive pas à limiter le réchauffement à 2°C d’ici à 2100. Il dénonce la crise de l’excès et la civilisation du gachis…

Une interview de la série Le dérèglement climatique vu par… diffusée avant la COP21 pour appréhender les enjeux du changement climatique.

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Pour en savoir plus :

. Visionner l’intégralité de l’entretien

 

 


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La complexité des prévisions climatiques

Dans la perspective de la COP21, Le Monde en partenariat avec Universcience.tv poursuit la publication d’une série d’entretiens vidéo sur le changement climatique. Jusqu’au 30 novembre, date d’ouverture de la Conférence de Paris, ces vidéos donnent accès chaque semaine à des interviews de spécialistes du climat, des sciences humaines ou de personnalités de la société civile. Climatologue au Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique (Cerfacs), Christophe Cassou, explique les difficultés des prévisions climatiques dans lesquelles les circulations des courants atmosphériques et marins jouent un rôle prépondérant. Cet entretien a été réalisé à l’occasion de l’exposition temporaire « Climat, l’expo à 360° », qui se tient actuellement à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris.

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Pour en savoir plus :
. Visionner l’intégralité de l’entretien


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A un mois de la COP21, 10 dessins pour repenser notre lien avec la nature

Pour nous sensibiliser à l’environnement et aux questions que soulève le changement climatique, l’architecte et artiste belge Luc Schuiten livre une série de dessins qui invite à repenser notre rapport à la Terre. Luc Schuiten s’était fait connaître en 1975 avec une construction écolo-artistique, Orejona, une maison qu’il avait bâtie lui-même dans une forêt près de Bruxelles. Passionné par « l’archiborescence », un néologisme qui désigne une forme d’architecture utilisant des matériaux de construction à base d’organismes vivants, l’artiste belge s’est peu à peu consacré au dessin et à l’organisation de différentes expositions. A un mois de la COP21, il nous offre une série de dessins sur l’environnement. Des œuvres dont We Demain publie une sélection.

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Pour en savoir plus :
. Télécharger les dessins