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Interview de Sandrine Maljean-Dubois

L’Assemblée des Nations unies a adopté officiellement vendredi le Programme de développement durable à l’horizon 2030, dans le cadre d’un sommet qui se tient tout au long du week-end. Certains des objectifs adoptés portent sur la lutte contre le réchauffement climatique. Dans une interview accordée cette semaine au journal La Tribune, Sandrine Maljean-Dubois, directrice de recherche au CNRS à Aix-en-Provence et spécialiste du droit international et européen de l’environnement, analyse les interrelations entre ce sommet et la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui aura lieu à Paris en décembre.

« Vendredi a été adopté au niveau international le programme du développement pour après 2015, puisque cette année prend justement fin le programme précédent, dit « Millénaire du développement », en vigueur depuis 2000. Ce dernier a représenté une véritable rupture par rapport à la méthode suivie lors de l’adoption des programmes précédents. La rédaction de documents longs et illisibles a été abandonnée, au profit d’une liste d’objectifs courts et compréhensibles, assortis de cibles précises et chiffrées, ainsi que d’un calendrier permettant d’en mesurer l’avancement. Cette approche a permis de renforcer l’aspect incitatif de ces objectifs, qui n’ont pas de caractère obligatoire pour les Etats. Elle a été de nouveau appliquée lors sommet de cette année…”

Pour en savoir plus :
. Accéder à l’intégralité de l’interview


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S’adapter au changement climatique : une vidéo primée en 9 langues

Le 31 août 2015, le site des Nations Unies a publié sur son site un documentaire intitulé S’adapter au changement climatique. Traduit en neuf langues (arabe, chinois, anglais, français, russe, espagnol, portugais, bengali et hindi), ce documentaire de 20 minutes a remporté en juin dernier la Palme d’Or aux prestigieux Deauville Green Awards. Son objectif : souligner la reconnaissance croissante de la nécessité de l’adaptation au changement climatique. Son parti-pris : présenter des exemples de mesures d’adaptation entrecoupés d’entretiens avec des experts.
Produit par le secrétariat de l’Organisation des Nations Unies sur les changements climatiques au nom du Comité de l’adaptation de la CCNUCC, ce documentaire peut actuellement être visionné en intégralité sur le site des Nations Unies.
A noter : le Comité encourage à la diffusion de ce documentaire vidéo. Diffuseurs et organisations intéressées sont invités à contacter le secrétariat de la CCNUCC afin d’obtenir, gratuitement, une copie de haute qualité via https://goo.gl/tiLGUU.

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Pour en savoir plus :
. Visionner le documentaire


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L’entrée dans l’anthropocène : le double défi du changement climatique et de la pauvreté

Le 1er mars 2011 Ignacy Sachs participait à une session du cycle national de formation intitulé le Changement climatique : innovation et expertise au cœur d’une nouvelle géopolitique. Il évoquait les défis qui se présentent aux sociétés confrontés au changement climatique.  

Nous devons aujourd’hui faire face à quatre défis.

Le défi climatique et le défi de la pauvreté

Nous devons nous attaquer aux inégalités sociales béantes entre nations et à l’intérieur même des nations pour arrêter le scandale de la faim et du sous développement et pour ne pas aggraver les changements climatiques qui, je le rappelle, affectent plus fortement ceux qui sont au bas de la pyramide sociale. Prenons un exemple. Face au relèvement des eaux de mer, les Hollandais pourront sans difficultés ajouter quelques mètres à leurs digues. Mais qu’en sera-t-il au Bangladesh, aux îles Maldives, et dans tous les pays où les gens sont peu armés et préparés pour affronter le défi climatique ? La question climatique et la question sociale sont étroitement liées. C’est pourquoi, deux autres défis s’imposent aujourd’hui à nous.

3ème défi : du néo-libéralisme à la planification

Nous devons examiner les conséquences de la vague néolibérale qui a profondément transformé nos sociétés au cours des trente dernières années. La césure a été marquée par l’invasion, en 1968, de la Tchécoslovaquie qui a rendu définitivement peu crédible le bloc socialiste, suivie à la fin des années 1980 par la chute du Mur de Berlin et par l’implosion de l’Union soviétique, mettant ainsi fin à une histoire débutée en 1917. C’est à cette situation géopolitique en toile de fond que l’on doit la montée d’une pensée néolibérale selon laquelle les marchés savent s’autoréguler. Nous savons aujourd’hui que ce n’est pas tout à fait exact. Un vide politique s’est donc installé à la suite des événements que je viens d’esquisser rapidement. A nous de savoir si nous saurons rebondir.
Comment ? Je pense pour ma part que notre réaction doit s’articuler autour d’une question centrale : celle d’un retour à la planification. Saurons-nous remettre en scène la planification, après avoir procédé, bien entendu, à un examen critique des expériences passées. Il ne s’agit plus de planifier à l’âge du boulier, comme ont pu le faire les Soviétiques lorsqu’ils ont commencé à établir des plans nationaux pour un continent. Ni d’ailleurs de mettre en place une planification dans un cadre éminemment autoritaire, comme ce fut le cas par le passé. Lorsque je parle de planification, je n’appelle donc évidemment pas de mes vœux un retour à une planification type soviétique. Je pense simplement qu’il est tout à fait possible de planifier avec les outils d’aujourd’hui et dans le cadre d’un dialogue politique quadripartite : l’Etat, les travailleurs, les entrepreneurs et la société civile organisée. Nous pouvons en effet organiser et discipliner le développement sans nous fier à ce cher marché.

4ème défi : l’aggiornamento de l’ONU

Il est urgent que nous nous interrogions aujourd’hui sur le type de modernisation nécessaire au sein des Nations Unies, et notamment de son Conseil de Sécurité. Si les Nations Unies ont constitué depuis leur création un outil absolument essentiel pour éviter une troisième guerre mondiale, elles sont à ce jour un organisme assez mal adapté aux tâches qui lui incombent et à ce qui me paraît être la voix de l’avenir. J’espère d’ailleurs que la seconde conférence de Rio s’acheminera dans cette direction, vers la coordination des plans nationaux de développement. Si nous voulons planifier, il faut en effet que nous commencions à le faire au niveau national, puis que nous tentions d’harmoniser les différents plans nationaux, afin de rendre ces derniers compatibles entre eux et de développer des synergies positives. Cette démarche tranche avec la mode actuelle où il est très peu question de planification à l’échelle internationale où règne la loi des marchés. C’est à ces quatre défis que le second sommet de la Terre de Rio va devoir s’attaquer. J’espère pour ma part qu’il ressortira de ce débat, peut-être pas des solutions, mais au moins une indication sur les grandes directions dans lesquelles il va nous falloir travailler.

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